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Le forum de la Grande Armée

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#1 13-09-2007 14:43:02

JJ
Chef de Bataillon
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Général Dommartin

Résumé biographique de  Dommartin
Un général peut connu.

Le général Elzéar Auguste Cousin de Dommartin   
L’enfance
Elzéar Auguste Cousin va naître au chateau de Dommartin-le-Franc, village de la Vallée de la Blaise, en en Haute-Marne, le 26 mai 1768. Il est baptisé très vite le lendemain. A l'époque, la mortalité infantile était telle qu'il ne fallait pas tarder à préparer l'au delà. Son père, Messire Arnoult François Cousin, seigneur de Dommartin et sa mère, Marie Rose Elisabeth d'Aulnay auront aussi une fille : Marie Rose Agnès, son ainée, née le 8 novembre 1763.
Le château de Dommartin occupe une position centrale dans le village, c'est un petit château montrant la petite noblesse des Cousins de Dommartin, attachés à la terre, liés aux habitants. Le jeune Elzéar parcourait les forêts et vallons avoisinnants. Eveillé, vif, intrépide, on l'imagine courant la petite Fortelle, sillonnant la vallée des vaux, chassant à l'étang noir...
Ses parents l'envoie au collège des Capucins de Joinville, bourg célèbre pour avoir été le village de Sire de Joinville, le biographe de Louis IX. Joinville est situé à trois lieues de Dommartin (14 kms).  Puis l'Ecole Royale d'artillerie de Metz où il passe son examen de sortie le 15 aout 1785 et devient officier, à 17 ans.
A noter : Il devient officier en 1785 au 36ième rang, devant un autre officier alors méconnu, Bonaparte, 42 ième.
Les premières années
Rejoint le régiment d'Auxonne.
En 1787, il pars à Metz. C'est d'ici qu'il suivra les évènements de la Révolution.
Son père décède le 17 septembre 1791. De janvier à mai 1792, le jeune lieutenant se repose à Dommartin-le-Franc.
Nommé capitaine, il est affecté dans le sud. Le 8 juin 1792, il est à Lyon. Sa compagnie est à Antibes.
Officier d'artillerie dans le sud, à Antibes et Nice.
Des rebellions éclatent dans les villes du sud, et partout en France. La République vacille. Carteaux donne à Dommartin le grade de Lieutenant-colonel. Dommartin rétablit la discipline, instruit ses hommes et canonniers.
En septembre 1793, Dommartin commande l'artillerie sous Carteaux lors du combat des Gorges D'Ollioules, devant Toulon occupé par les Anglais. Le 7 septembre, Dommartin s'expose dangereusement pour maintenir ses canonniers à leurs postes. Blessé plusieurs fois, il est fait général de brigade sur le champ de bataille pour sa bravoure. Son remplaçant, passant par hasard, sera le capitaine Bonaparte qui deviendra célèbre par le siège de Toulon.
Il récupère de ses blessures et reste dans le sud, vers Antibes. Lors du combat, il a eu l'épaule fracassé, le bras fracturé, 3 blessures au corps, la poitrine ouverte... En attendant il commande toujours sa compagnie ! Il lui faudra plus d'un an pour se remettre.

L’aventure Italienne
Le 13 juin 1795, il est envoyé à l'Armée d'Italie. En 1796, il commande une brigade d'avant-garde à l'armée d'Italie, lorsque le général Bonaparte en prend le commandement.
Début de la campagne d'Italie. Les Austro-Sardes sont refoulés. Dommartin prend le commandement de l'artillerie à cheval. Il va s'illustrer à ce poste important qui mérite des remarques particulières :
A l'époque, la pauvreté de l'armée d'Italie s'étendait aux équipements militaires. Bonaparte, officier d'artillerie avant tout, connaissait les avantages indéniables de l'artillerie à cheval, sur l'artillerie à pied, d'une part, et surtout lorsque le nombre de bouche à feu est très faible. Grâce à l'artillerie à cheval, Bonaparte va disposer d'une force de frappe importante, rapide, brutale, efficace qui fera souvent la différence. Débouchant vite sur le champ de bataille, l'artillerie à cheval foudroie les masses ennemies, puis disparait immédiatement pour se porter en un autre endroit du champs de bataille. Le nombre est compensé par la célérité. Il fallait pour cette arme nouvelle et aussi importante, un officier digne de confiance et expert en artillerie : Dommartin s'imposa. Cette force de frappe accompagnait constamment le général en chef.

Le 21 avril 1796, c'est la victoire de Mondovi. Le 26 mai, il enfonce les portes de Pavie révoltée. Le 3 août, il commande l'artillerie à la bataille de Castiglione. Le 7 août, il pénètre dans Vérone après en avoir fait sauter les portes.
Le 4 septembre, Dommartin s'illustre à la bataille de Roveredo.
En janvier 1797, il repousse les colonnes autrichiennes abordant le plateau de Rivoli. L'artillerie à cheval fait merveille.
A la fin de la campagne, nommé à la 17ième division militaire, il s'oppose à l'insurrection royaliste à Paris et protège la République.
En septembre, il part à l'armée de Sambre et Meuse. Le 12 décembre, il est nommé commandant en chef de l'artillerie de l'armée du Rhin.

L’aventure Egyptienne
Bonaparte lui donne le commandement en chef de l'artillerie pour son expédition d'Egypte, le 11 mars 1798. Le 18 mai 1798, Dommartin s'embarque à bord du vaisseau amiral L'Orient avec Bonaparte.
Dommartin débarque en pleine nuit près d'Aboukir. Il organise le débarquement des premières pièces d'artillerie. Le lendemain, Alexandrie est prise. Les troupes françaises, descendent vers Le Caire.
En plein été, cette marche dans le désert restera gravée dans l'esprit de ceux qui en ont fait partie. Les soldats abordaient un pays inconnu, poursuivis par de redoutables cavaliers, fantomatiques, insaisissables, dont le sabre coupait net têtes et bras. Un domestique du général de Dommartin, s'étant écarté de la colonne de quelques cent mètres, fut tué dans ces conditions par les mamelouks. Le sac, les lourds vêtements de drap, les armes pesaient. Il n'y avait pas d'eau. Le moindre puit était pris d'assaut par ces milliers d'hommes. Le sable dans lequel on s'enfonçait semblait ne pas devoir finir. On grondait. La grogne s'étendait aux généraux. Quelques hommes se suicidèrent. Le Nil en vue et la gaité réapparut.
Dommartin est fait général de division sur le champ de bataille des Pyramides le 22 juillet 1798.
Il contribue à mater l'émeute du Caire, en octobre. Parti en reconnaissance avec le général en chef, Dommartin retourne rapidement au Caire où l'émeute s'est étendue. Les savants français, les militaires isolés sont attaqués et tués par la populace, prompte à se soulever contre les français. Dommartin s'occupe de l'artillerie. Des canons sont mis en batterie sur la place de la grande mosquée. Des coups à mitraille dispersent la populace et ouvrent les portes de la mosquée. C'est la fin de l'émeute.
Dommartin charge comme un hussard lors de la bataille de Salayeh, lorsque que notre cavalerie était environnée de toute part. Le général en chef le réprimande tout en faisant l'éloge de sa bravoure.
Lors de l'expédition de Syrie, Dommartin commande l'artillerie. Dirige les travaux de siège de Saint Jean D'Acre.
Il commande l'arrière-garde pendant la retraite. Il échappe à la peste.

Son dernier combat
A peine rentré au Caire, Bonaparte s'inquiète de la protection des côtes : l'anglais rôde. Dommartin est envoyé aussitôt.
Le 22 juin 1799, il embarque à bord d'une felouque, petite embarcation à voile baptisée le Nil. Le lendemain, 23 juin, un convoi est formé de la Felouque Le Nil et de son équipage, de son canot, d'une djerme du pays avec un officier et 4 volontaires de la 25ième demi-brigade.
Dans l'après midi, la felouque s'envase. Des parties de cavalerie ont été aperçus toute la matinée et surveillent le lent convoi. Dommartin s'inquiète. Le capitaine de la Felouque constate que les lieux sont propices à une embuscade. La tension monte. Les soldats sont prisonniers de leur bateau et du Nil. Une masse d'infanterie et de cavalerie se fait voir. La felouque demeure ensablée. Chacun se prépare à recevoir l'assaut qui ne fait plus aucun doute.
Le combat :
Vers une heure, des canons de 8, situés sur une colline, ouvrent le feu sur la felouque. Dans le même temps, près de deux mille hommes d'infanterie, de civils vociférant, armés de piques, de sabres et de mousquets se rapprochent. Le feu de mousqueterie devient très vif. L'équipage de la felouque se tient prêt à repousser l'assaut. A grands cris, la masse d'infanterie se jette à l'abordage du convoi, tandis que la cavalerie mamelouks manœuvre en s'approchant. C'est le moment ultime! Dommartin fait tirer à mitraille sur cette masse et la culbute. Des coups de fusil achèvent de repousser les autres.  Pendant ce combat, l'équipage turc de le seconde djerme fuit. Le canot est envoyé rechercher ses soldats perdus.
Vers 15 heures, le canon se remet à tirer sur la felouque. Le feu devient très vif de chaque côté. L'ennemi entreprend un second assaut avec des djermes. Quelques coups de canons les coulent et la mousqueterie repousse l'infanterie. Les français diminuent leurs feux car les munitions viennent à manquer. Le nombre de blessés et de tués encombrant le pont est impressionnant. On entend les gémissements et les cris des blessés. Le sang colore le pont. Un troisième abordage sera repoussé dans la soirée, par les survivants exténués. 
A vingt heure et demi, le feu cesse tout à fait. Dommartin profite de l'obscurité pour faire jeter à l'eau du lest et désensabler le bateau. A dix heure, la felouque continue sa route. Les survivants se comptent. Trois matelots et deux mousses sont indemnes. Dix hommes tués et trente blessés. Le capitaine de la felouque est blessé. Son lieutenant, blessé au poignet et à la cuisse. L'officier de la 25 ième, tué. Le chef de bataillon D'anthourd, blessé à la main et à la tête. Le capitaine Coeuret, blessé aux reins et aux bras. Sur sept canonniers de Dommartin, quatre tués et trois bléssés. Le général de Dommartin a été bléssé à cinq reprises. Il s'est exposé afin de redonner du courage à ses hommes, renforcer la défense, organiser la riposte.
Le 25 juin, la felouque parvient à Rosette. Dommartin est atteint par le tétanos et succombe le 9 juillet. Son corps repose à Rosette, en Egypte.

Epilogue
Madame Dommartin ne se consola jamais de la disparition de son fils. Sa fille aura perdu en Egypte son frère et son mari, M. De Chateauvieux. Le Directoire offrit une pension à Madame de Dommartin. Voici sa réponse brève et honorable :
"Je remercie les représentants de la nation, mais je ne puis vivre du sang de mon fils."


Les obus et les décorations tombent au hasard sur le juste et l'injuste

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#2 13-09-2007 15:26:10

l'Empereur
SMIR Napoléon
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Re : Général Dommartin

merci pour ce récit précis et détaillé !


Le bien du peuple n'est pas dans le cri de la masse, mais dans le coeur du prince

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